Haïti - Parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens https://www.partifusion.ht/tag/haiti/ Ayiti pap peri, N ap chanje sa! Fri, 09 Feb 2024 15:54:48 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 https://i0.wp.com/www.partifusion.ht/wp-content/uploads/2023/01/cropped-Parti_Fusion_PFSDH-Logo.jpg?fit=32%2C32&ssl=1 Haïti - Parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens https://www.partifusion.ht/tag/haiti/ 32 32 205976430 Note de presse du parti à l’occasion du symbolisme du 7 février 2024 https://www.partifusion.ht/symbolisme-du-7-fevrier-2024/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=symbolisme-du-7-fevrier-2024 https://www.partifusion.ht/symbolisme-du-7-fevrier-2024/#respond Fri, 09 Feb 2024 15:48:37 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=4805 Port-au-Prince, le 8 février 2024  Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens déplore le fait que les grandes espérances de bien-être et de justice suscitées après…

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Port-au-Prince, le 8 février 2024

 Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens déplore le fait que les grandes espérances de bien-être et de justice suscitées après le départ des Duvalier n’ont pas pu se concrétiser par les différentes gouvernances placées à la tête de l’Etat.

Trente-huit ans après, le pays n’arrive pas à prendre son envol. Il s’enlise dans le cycle d’instabilité chronique des institutions démocratiques. Trente-huit ans après, nous comptons sept ruptures de l’ordre constitutionnel, nous constatons que le mandat de quatre présidents n’est pas arrivé à terme.  Pour le Parti, l’organisation d’élections frauduleuses, discordes créatrices de turbulences est l’entrave majeure à la construction de contexte propice au progrès et à la modernité ambitionnée par les différentes couches de la population du pays.

Le 7 février 2024 nous retrouve encore dans un contexte de fractures sociales des plus dangereuses pour l’avenir de la Patrie commune. La Fusion très attachée à sa philosophie existentielle appelle encore une fois les uns et les autres à ce dépassement utile et patriotique en vue de l’édification de la grande Concorde Nationale pour épargner le pays de la catastrophe des luttes fratricides que certains veulent considérer à tort comme unique forme de combat à imposer à toute la société.

Les enlèvements, la violence systématique, la prolifération des gangs, l’émiettement et le contrôle du territoire planifiés à dessein, voici notre lot de ressources au quotidien.  Si on faisait l’effort de nous dépouiller de tout orgueil, de nous libérer de notre ego, de se surpasser, le pays en sortirait gagnant. Il est indispensable, à l’aurore de cette année, que les citoyens et les citoyennes se donnent la main et conjuguent leurs efforts de manière à orienter le pays dans une autre voie. 

Le Parti demande au gouvernement de porter une attention encore plus soutenue sur le fait que l’insécurité nous détruit, nous appauvrit, nous avilit. Il faudra prendre toutes les mesures les plus urgentes pour endiguer ce phénomène. Nous devons recourir pour le moment aux seules forces armées dont nous disposons pour livrer une lutte sans trêve au grand banditisme.

La Fusion en profite pour saluer la détermination de la Police Nationale d’Haïti qui assure dans des conditions pénibles la protection des vies et des biens. Le Parti appelle le gouvernement à en prendre acte et à faire application des mesures que de droit pour mettre les gangs hors d’état de nuire. C’est le grand défi de l’heure.

L’autre tout aussi de taille, c’est l’application du document portant « CONSENSUS NATIONAL POUR UNE TRANSITION INCLUSIVE ET DES ELECTIONS TRANSPARENTES ». Ce document définit les éléments de consensus :

  1. La sécurité des vies et des biens qui est le devoir régalien de l’Etat. Et encore la sécurité sociale et alimentaire ;
  2. Le HAUT CONSEIL NATIONAL DE LA TRANSITION. Son objet est de favoriser le dialogue national dans la recherche d’un consensus ;
  3. Le Gouvernement qui doit, de concert avec le HCT, procéder aux changements nécessaires au niveau du Gouvernement et des hautes directions de l’Administration Publique.
  4. L’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale qui s’assure du respect des règles de bonne gestion et de transparence dans la gouvernance publique.
  5. Le Conseil Electoral qui a pour mandat de contrôler en toute indépendance toutes les opérations électorales jusqu’à la proclamation des résultats du scrutin.
  6. Les réformes institutionnelles, économiques et financiers notamment la modernisation de la gestion des finances publiques par l’amélioration des capacités de mobilisation des ressources internes l’Etat, le renforcement des mécanismes de contrôle et de lutte contre la corruption, le ciblage des dépenses prioritaires, et le combat contre la contrebande et le trafic d’armes.

Le Parti rappelle aux Frères et Sœurs Haïtiens et Haïtiennes son message à la Nation à l’occasion du nouvel an et croit utile de reprendre le passage suivant :

« La Fusion appartient à cette école politique qui prône le dépassement des clivages, c’est la voie idéale pour construire positivement. N’est-il pas venu le temps pour notre génération de marquer la différence et de dégager les comportements et les attitudes nouveaux à l’effet de bien cerner les contours de ces circonstances nuisibles pour les dépasser et voir plus loin ? 

Dans l’histoire de notre pays, il y a une date sacrée, elle est celle qui a vu deux groupes rivaux dépasser leurs querelles pour s’engager dans une alliance stratégique ayant conduit à la rupture des liens coloniaux avec la France. Ainsi, Saint Domingue est devenue Haïti, terre libre et modèle pour tous les peuples vivant dans l’esclavage, peu importe leurs teintes épidermiques.

La Fusion appelle les uns et les autres à trouver inspiration de ce grand moment pour d’abord comprendre le grand danger qui nous menace tous et toutes, et ensuite pour s’élever à la hauteur du dépassement des Pères Fondateurs.

La Fusion lance un vibrant appel patriotique aux forces politiques et économiques, aux organisations de la société civile, aux compatriotes de la diaspora, aux hommes et femmes de la pensée constructive pour la mise en place d’un projet national dans l’intérêt de la Population.   Se donner la main est la seule alternative qui nous reste.

Frères et Sœurs Haïtiens et Haïtiennes de la même patrie, mettons-nous ensemble pour rebâtir Haïti, notre seul bien commun. La Fusion demande à toutes les forces vives du pays qui s’engagent effectivement dans la bataille pour sa rédemption, d’accorder au mot « consensus » toute sa valeur car il s’agit en fait d’une décision à prendre plutôt qu’une bataille à gagner.

REVEILLONS- NOUS. REVEILLONS HAITI DE SA LETHARGIE ET TRANSFORMONS-LA !

AYITI PAP PERI, NAP CHANJE SA !

Edmonde Supplice Beauzile

Présidente PFSDH

Vice-présidente Internationale Socialiste (IS) et de la Conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine et des Caraïbes (COPPPAL)

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Il est temps qu’Haïti se réveille et se transforme ! https://www.partifusion.ht/il-est-temps-quhaiti-se-reveille-et-se-transforme-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=il-est-temps-quhaiti-se-reveille-et-se-transforme-2 https://www.partifusion.ht/il-est-temps-quhaiti-se-reveille-et-se-transforme-2/#respond Sat, 30 Dec 2023 18:17:21 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=4681 L’absence de justice arrose les racines du mal. « La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle de systèmes de…

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L’absence de justice arrose les racines du mal.

« La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle de systèmes de pensée. » Elle est un rempart qui protège les personnes, garantit les règles de vivre ensemble, les droits et les devoirs de chacun, les conditions d’une société apaisée. Elle met tout le monde au même pied d’égalité devant la loi et inflige la même sanction (positive ou négative) aux individus parce qu’indépendante et impartiale. »

Ces propos de John Rawls devraient nous interpeller. Ils devraient nous porter à scruter certains faits inscrits dans nos pages d’histoire singulière et mouvementée. Vingt-trois textes constitutionnels, de l’indépendance à date, sont, hormis quelques-uns qui expriment une volonté libérale de la conduite des affaires de l’État, l’émanation de nos chefs d’État à l’aune de leurs ambitions. A chaque commotion politique, un président, propulsé au-devant de la scène au nom d’un mouvement dit révolutionnaire, ambitionne le meilleur pour la société et, de manière surprenante, se retrouve en route vers l’exil ou au royaume des morts.

Ces textes, s’il faut les parcourir du regard, ne sont pas fondamentalement opposés. Ils énoncent, toutes proportions gardées, une série de droits considérés comme inhérents à la dignité de la personne humaine et à la lutte contre l’oppression. Cela étant, la Constitution dans laquelle s’inscrit le droit est la norme supérieure que les normes inferieures doivent respecter.  Du point de vue doctrinal, les textes constitutionnels commencent par un préambule qui pose des principes généraux tel que le caractère démocratique des institutions ou les libertés fondamentales reconnues aux citoyens et se réfère aux déclarations universelles des droits de l’homme et du citoyen complétées par des pactes relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques et sociaux.

Konstitisyon se papye, bayonèt se fè.

L’Etat a des pouvoirs régaliens.  En vertu du droit constitutionnel, il définit la nature et les attributions de ses principaux rouages, ainsi que les rapports qui s’établissent entr’eux. Il pose aussi les règles fondamentales de l’organisation politique et sociale du pays, c’est à dire le caractère plus ou moins démocratique de son régime et les droits que peuvent revendiquer les citoyens à l’égard des institutions.

Dans le cas d’Haïti, l’Etat, exerce-t-il ses prérogatives constitutionnelles ? Les citoyens, ont-ils accès à la justice ? Il est un fait indéniable que les dirigeants, les hauts fonctionnaires de l’Administration Publique se pervertissent dans la recherche d’enrichissement facile et sans scrupule, dans la criminalité économique. Il est évident que les citoyens se plaignent de l’accessibilité et de la lenteur de la justice qui demeure un service public.

Faut-il comprendre que la corruption est érigée en principe et définit le cadre général de vie et d’action politique ? Au niveau de la super structure de la société haïtienne, elle se présente sous différentes formes : pot de vin, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, abus de trafic d’influence, malversations, fraude fiscale, surfacturation des services à l’Etat, détournement de fonds, passation illégale de marché publique.

 Il est important de remonter le temps et situer ce fléau instillé au tréfonds de notre pratique coutumière dans le contexte historique du système politique et social haïtien.  Des moments d’illustration ! On peut citer : le procès de la consolidation et le procès des timbres.

Les faits de corruption et de malversation qui enveloppent le Conseil Electoral Provisoire en l’année 2015 et l’affaire Petrocaribe ne font pas encore l’objet de procès. Tout montre, cependant, que la malversation se fait au grand jour, à grande échelle et au plus haut niveau de l’Administration Publique sans que personne n’en éprouve la moindre inquiétude. 

Le procès de la consolidation.

L’émission massive de bon frauduleux sous l’administration du Président Tirésias Simon Sam porta Nord Alexis à ordonner une enquête sur les agissements douteux de hauts fonctionnaires, de ministres, de sénateurs et de plusieurs grands commerçants étrangers. Le 25 Décembre 1904, au terme d’un retentissant procès, le jury les condamnait pour faux, usage de faux, vol et recel. Parmi les condamnés, citons Cincinnatus Leconte, Tancrède Auguste et Vilbrun Guillaume Sam qui, par la suite ont dirigé Haïti.

Cincinnatus Leconte fut élu à l’unanimité Président par l’Assemblée Nationale le 7 Août 1911. Celle-ci, réuni à la mort de Leconte emporté par les flammes lors de l’explosion du Palais National, élit Tancrède Auguste a la magistrature suprême de l’Etat. A la tête d’une armée de quelques trois mille hommes, Vilbrun Guillaume Sam se fit élire Président par l’Assemblée Nationale le 9 Mars 1915il marcha vers Port-au-Prince.

Charles Dupuy écrit : « La classe politique haïtienne et les grands financiers étrangers, les avocats de la défense des consolidards, les politiciens condamnés et certains intellectuels acrimonieux ne pardonneront pas à Nord Alexis la ténacité et le courage qu’il a démontré durant l’affaire de la consolidation.  Ils se vengeront très férocement contre celui qui tentait d’imposer un nouveau contrat moral dans l’administration des affaires en le décrivant comme une bête fauve, un animal sauvage, un fossile dégénéré, un militaire consumé par l’ambition et l’orgueil, un dictateur ignorant, une brute sans âme. »

Le procès des timbres.

Les autorités haïtiennes firent émettre toute une variété de nouveaux timbres qu’on a du rapidement retirer de la circulation en raison du commerce de faux timbres de poste circulant en parallèle. Plus de vingt-trois millions de dollars sont détournés.  Le 26 Août 1975, débute au Palais de Justice le procès des timbres. Le 10 Septembre 1975, le Tribunal rend son verdict. Quatre hommes et une femme sont condamnés. Certains doivent passer deux ans en prison, d’autres trois et sept ans. Mais ils s’en sont sortis peu de temps après. Pour plus d’un, ce procès n’aura été qu’un divertissement médiatique.

D’autres faits avérés de corruption et de malversation sont ceux identifiés au niveau du Conseil Électoral Provisoire -au cours des années 2015 et suivants- qui, en vertu de la Loi Electorale, est une institution publique, indépendante et impartiale. Cependant les deux dernières élections présidentielles et législatives organisées en 2011 et 2016 ont été fortement contestées en raison du fait que beaucoup de candidats ont payé pour devenir parlementaires.                                                                     

Une conseillère a été renvoyée par devant le Tribunal criminel sans assistance de jury pour y être jugée pour fraude électorale, forfaiture, enrichissement illicite et corruption

En 2016, un analyste disait : « Il y a lieu de reconnaitre que les fraudes commises par le CEP sont des crimes qui méritent d’être sanctionnés selon la loi. Les résultats diffusés n’ont aucune fiabilité et le CEP est totalement plombé par la corruption. » Pourtant, de ces résultats proclamés sont sortis un Président et des parlementaires qui ont prêté serment solennellement.

L’affaire Petrocaribe.

Petrocaribe est un accord de coopération énergétique entre les pays des Caraïbes et le Venezuela. Haïti, en ayant intégré cet accord en 2006, achetait le pétrole à des conditions de paiement préférentielles. La vente de ce produit aux compagnies locales rapportait au pays des profits qui devaient lui servir à financer des projets sociaux et de développement. Il s’en est suivi une retentissante affaire de corruption.

Des responsables politiques et des hommes d’affaires ont détourné, sous l’administration de quatre présidents successifs, à leur profit la plus grande partie des bénéfices. Le rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif énumère les violations de la loi et les fautes administratives dans les contrats signés. L’Etat a porté plainte pour dilapidation de fonds pour répéter un ministre. Trois milliards de dollars américains auraient été dilapidés. L’affaire Petrocaribe peine à prendre l’allure d’un véritable procès.

La Justice élève une nation.

La justice est une valeur cardinale. Son absence, considérée comme une banalisation du mal, empêche l’éclosion de la vie, freine toute idée de progrès positif, conduit à la décrépitude de la nation. En l’absence de justice, il se forme des agrégats de sauvages et dès lors, c’est la force brutale et aveugle qui devient la norme.

 Le mal d’Haïti, est-il incurable ?  Le pessimisme de l’intelligence doit céder le pas à l’optimisme de la volonté. Haïti est notre bien commun. Périr ensemble comme des insensés ou œuvrer solidairement à la construction du pays en vue d’assurer un avenir meilleur pour la postérité. Quel est le choix à faire ? Toute posture confortable conduit irrévocablement à la radicalité et à l’intransigeance. Tout est dans la nuance. Pour la Fusion, le compromis est l’exigence supérieur qui appelle à un niveau certain de dépassement.

Le 15 Novembre 2023, l’Unité de Lutte Contre la Corruption a remis dans l’enceinte du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince onze rapports d’enquête sur des indices de corruption. Nous reproduisons un extrait des propos du Directeur Général de l’institution en la circonstance : 

« J’invite la justice à donner écho aux actes courageux de l’Unité de Lutte Contre la Corruption. La justice est l’une des pièces manquantes dans ce combat que nous conduisons avec conviction. Pour trente et un rapports d’enquête acheminés durant mes trois dernières années, seulement deux ordonnances sont rendues par deux juges d’instruction. Je demande donc solennellement à tous les magistrats, ce dans le respect de leur indépendance de prioriser d’abord les intérêts de l’Etat. Les sanctions prononcées par les cours au nom de la République sont le remède le plus efficace pour stopper cette hémorragie qui avilit tout un peuple et qui anéantit le projet de vie de nos jeunes dont l’ultime recours est la fuite de leur pays. Que chacun prenne sa part de responsabilité, que la société, que les structures organisées d’ici et d’ailleurs sanctionnent ceux qui se font complices tant par leurs inactions que par leurs complicités, les corrompus, les corrupteurs. »

Un véritable exercice pédagogique, impartial, rigoureux, sans complaisance à entamer contre la corruption.  Attaquons le mal dans son enracinement.

Cherchons la femme aux yeux bandés. Il revient à la Justice de s’assumer, de se mettre au boulot.

signature de l'article de la présidente, Edmonde Supplice Beauzile, sur la nécessité que les elites en Haiti fassent preuve de dépassement pour le réveil et la transformation nationale.

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France – Afrique, Relations tendues – Leçons à tirer pour États-Unis – Haïti https://www.partifusion.ht/france-afrique-relations-tendues-lecons-a-tirer-pour-etats-unis-haiti/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=france-afrique-relations-tendues-lecons-a-tirer-pour-etats-unis-haiti https://www.partifusion.ht/france-afrique-relations-tendues-lecons-a-tirer-pour-etats-unis-haiti/#respond Sun, 05 Nov 2023 21:30:11 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=4501 L’influence française au Sahel s’est effondrée (1), écrivait la semaine dernière l’influent journal français, Le Monde. Ailleurs sur le continent, la France est sur la…

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L’influence française au Sahel s’est effondrée (1), écrivait la semaine dernière l’influent journal français, Le Monde. Ailleurs sur le continent, la France est sur la défensive, et rien de ce que dit Paris ne peut rétablir cette influence.

Après avoir procédé à plusieurs changements, rétrocédé des trésors historiques à d’anciennes colonies, réduit sa présence militaire et noué de nouveaux liens ailleurs sur le continent, la stratégie africaine de la France semble dans une impasse, estiment certains experts. Pourtant, nombreux sont ceux qui suggèrent que Paris ne peut plus prendre les devants, alors que certains dirigeants africains coupent complètement les liens et en nouent de nouveaux avec des rivaux étrangers, dont la Russie.

Des coups d’État ont eu lieu dans une demi- douzaine d’anciennes colonies françaises d’Afrique occidentale et centrale sur trois ans – dont deux, au Niger et au Gabon, en un peu plus d’un mois. Trois pays fragiles de l’Afrique de l’Ouest – le Mali, la Guinée et le Burkina Faso – ont succombé à l’instabilité et ont connu des prises de pouvoir militaires. Le Sahel africain, qui abrite certains des pays les plus pauvres, les plus instables politiquement et les plus sujets aux conflits, est une fois de plus en crise. Même si la pandémie de COVID-19 a peut-être contribué à pousser ces pays à bout, ils étaient au bord de l’instabilité bien avant l’émergence du virus en raison de vulnérabilités profondément enracinées telles que l’insécurité chronique, la corruption politique et le chômage de masse.

Cet article tente de faire une introspection sur ce qui n’a pas fonctionné et sur la manière, si possible, de mettre fin aux relations tendues entre la France et certaines de ses anciennes colonies. Un bref parallèle sera fait avec les relations haïtiano-américaines, basé sur les leçons apprises de l’intervention de la France en Afrique.

Les Interventions de la France au Sahel au Cours des Dix Dernières Années

Tout a commencé en 2012, lorsque le gouvernement malien invite la France à l’aider à résoudre la crise sécuritaire qui se détériorait rapidement dans le nord agité du pays, où les rebelles touareg et les combattants alliés à Al- Qaïda au Maghreb islamique avaient capturé de vastes étendues de territoire. La France envoie alors des milliers de soldats et chasse les combattants de la capitale, Bamako, avec l’aide du Tchad voisin.

En 2014, avec le soutien du gouvernement malien, la France décide d’élargir ses opérations antiterroristes dans la région en déployant 5.100 soldats dans cinq pays du Sahel dans le cadre de ce qui est devenu l’opération Barkhane – son opération à l’étranger la plus importante et la plus coûteuse de l’histoire moderne.

Malgré son coût économique et humain élevé, l’opération Barkhane n’a pas réussi à produire les résultats escomptés. Les problèmes du Mali et de la région dans son ensemble n’ont pas pris fin. Au lieu de cela, les groupes armés ont commencé à accroître leur pouvoir et leur portée. Les attaques contre les civils sont devenues monnaie courante et la situation sécuritaire s’est détériorée dans les pays du Sahel.

Le 31 janvier 2022, le Mali expulse l’ambassadeur de France du pays. À cette époque, jusqu’à 1000 mercenaires russes étaient sur le terrain au Mali. Quelques jours plus tard, des milliers de manifestants anti-français descendent dans la rue en brandissant des drapeaux russes et en brûlant des découpes en carton du président français Emmanuel Macron pour célébrer l’expulsion.

La même année, la France retire ses troupes du Mali et en déplace une partie vers le Niger voisin, dans le cadre d’une nouvelle stratégie africaine. Cela n’a guère amélioré la position de la France dans la région. Le Niger a rapidement connu son propre coup d’État et, l’opinion publique étant fermement opposée à la France, les putschistes n’ont pas perdu beaucoup de temps pour imputer à la France les nombreux problèmes du pays et l’accuser de déstabiliser le pays.

Un mécontentement sociétal, cause profonde des putschs

Aucun de ces coups d’État, ni les défis qui y ont conduit, ne se sont concrétisés soudainement. Les organisations internationales de développement et les groupes de réflexion soulignent depuis des années les défis extrêmes en matière de sécurité et de gouvernance auxquels ces pays sont confrontés.

Les interventions militaires ont été le résultat d’échecs systémiques longtemps ignorés et d’un mécontentement sociétal croissant. Au-delà des menaces à long terme contre la démocratie constitutionnelle et la sécurité dont ils sont issus, les récents coups d’État ont un autre aspect commun surprenant : le soutien civil de la majorité de la population.

Dans les pays dotés d’une stabilité et d’une sécurité relatives, ainsi que de garde-fous constitutionnels fonctionnels contre des menaces telles que la fraude électorale et les tentatives illégales de prolongation du mandat présidentiel, les forces armées peuvent organiser des coups d’État, mais elles ne parviennent souvent pas à justifier de manière convaincante leur intervention ou à obtenir la victoire.

Au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée, cependant, l’absence de telles garanties a conduit les populations civiles à adopter avec enthousiasme les récentes interventions militaires. En effet, les citoyens de ces pays ont réagi à l’annonce des prises de pouvoir militaires par des protestations non pas contre l’armée intervenante, mais contre les dirigeants politiques démis de leurs fonctions. Cette réaction reflète le manque de confiance du peuple dans la politique démocratique dans leurs pays.

Dans les pays du Sahel – du Niger et du Mali au Burkina Faso et au Tchad – la corruption omniprésente, l’extrême pauvreté, le chômage généralisé et l’incapacité perçue des partenaires occidentaux et des institutions internationales à apporter la stabilité et à assurer la sécurité dans la région ont retourné les populations locales contre les gouvernements occidentaux.

Mais l’on ne doit pas non plus négliger un facteur essentiel qui, au-delà de l’insécurité chronique et de l’instabilité économique, a contribué de manière significative à amener les gouvernements militaires au pouvoir dans la région : le sentiment anti-français croissant. La mémoire du colonialisme français, définie par des campagnes militaires brutales, le travail forcé, la répression généralisée, l’effacement culturel, la ségrégation raciale et les déplacements forcés, est toujours bien vivante dans la région du Sahel.

Associées à des suspicions ancrées dans l’histoire coloniale, les mésaventures, déceptions et échecs flagrants de la France en Afrique les plus récents ont conduit les populations du Sahel à se méfier de l’ancienne puissance coloniale et de tout ce qu’elle fait dans la région. Les putschistes de nombreux pays ont profité de cette hostilité toujours croissante et ont réussi à se présenter au public comme des héros anticoloniaux résistant à une France néocoloniale et à ses pions corrompus au sein des gouvernements locaux. C’est pourquoi les masses ont accueilli le régime militaire avec des chants anti-français au Mali, au Burkina Faso, au Tchad et plus récemment au Niger.

La France à l’écoute des Africains, le début d’une solution

La principale raison de la perte rapide d’influence et de respect de la France au Sahel, où elle est désormais largement considérée comme un méchant néocolonial, se situe dans son approche erronée de la crise sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver dans la région.

Plutôt que d’essayer d’identifier et de traiter les causes profondes du conflit en renforçant les institutions étatiques et en encourageant la bonne gouvernance, Paris a tenté de résoudre les problèmes de sécurité des pays du Sahel uniquement par la force militaire. Cette orientation militaire, qui ne s’est même pas traduite par des victoires décisives sur le terrain, a alimenté le conflit et a rapidement retourné l’opinion publique contre la France.

La position de la France, déclare la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna ‘’est d’écouter les Africains, et non de décider à leur place’’. Pendant un certain temps, Macron – né après l’indépendance de la dernière colonie française en Afrique, Djibouti – a semblé être l’homme idéal pour ce poste.  « Je fais partie d’une génération qui ne dit pas aux Africains quoi faire » a-t-il déclaré en liesse aux étudiants du Burkina Faso, peu après son élection il y a six ans.

Macron avait promis de retirer les forces françaises en Afrique et de créer un nouveau « partenariat de sécurité », avec des bases sur le continent, transformées en fonction des besoins africains et gérées conjointement avec le personnel africain. Malheureusement, il a failli à ses promesses.

La France est sans aucun doute en retrait au Sahel, mais elle peut encore revenir dans la partie si elle joue correctement ses dernières cartes. Pour revenir dans la région comme un acteur de premier plan, Paris devra d’abord conquérir le cœur et l’esprit des locaux.

Pour ce faire, il lui faudrait faire une introspection et faire face à l’héritage du colonialisme. Il lui faudrait également admettre ses erreurs les plus récentes, tirer les leçons de ses échecs militaires et politiques et, surtout, commencer à considérer les pays du Sahel comme des partenaires de sécurité égaux et indépendants plutôt que comme d’anciennes colonies ayant besoin des conseils de la France.

Si la France ne parvient pas à prendre ces mesures et à construire de nouveaux partenariats plus solides avec les pays du Sahel, elle restera une puissance largement sans conséquence et ne servira à rien d’autre que de fournir une légitimité facile aux putschistes de la région.

Bref, Il n’est pas trop tard pour que Paris appuie à nouveau sur le bouton de réinitialisation. La France a tout à gagner en changeant sa politique africaine. Cela doit aller au-delà des paroles et des actions concrètes doivent être engagées à ces fins.

Une fenêtre ouverte sur les relations Haïti – Etats-Unis

Depuis quelques années, Haïti est en proie à des gangs qui peuvent être assimilés aux groupes armés qui opèrent dans le Sahel. Les gangs criminels profitent de la corruption, de la faiblesse du système de sécurité et de l’étendue du littoral d’Haïti pour faciliter le trafic d’armes et de drogue. Tout comme dans les pays susmentionnés, la situation sécuritaire d’Haïti limite la croissance économique, exacerbe la stabilité politique et sociale, favorise la participation des jeunes à des activités illégales et illicites tout en créant une pression sur d’autres pour qu’ils émigrent.

Pendant de nombreuses décennies, la politique américano-haïtienne a été guidée par un objectif primordial : la prévention de la migration haïtienne et du trafic de drogue vers les États-Unis. Pour atteindre cet objectif, tout comme la France envers les dirigeants Africains, les États-Unis ont fourni un soutien limité et conditionnel au gouvernement haïtien malgré son absence de normes de démocratie, de responsabilité ou de transparence.

Depuis l’assassinat du président en juillet 2021, Haïti est dans un état de paralysie. À l’heure actuelle, il existe un vide de leadership dans toutes les branches du pouvoir et il n’y a pas d’élus en Haïti. En apparence, les élections locales, réclamées par les États-Unis, semblent être une question urgente ; cependant, la tenue d’élections serait compromise jusqu’à ce que le pays puisse garantir la sécurité nécessaire pour garantir une participation maximale des électeurs éligibles.

Cette déstabilisation a fragmenté le tissu social haïtien et érodé la confiance institutionnelle aux niveaux communal, régional et national. Cela a exacerbé l’absence de tout contrat social, de démocratie participative ou d’investissements significatifs dans la jeunesse ou l’avenir d’Haïti. Pourtant, les appels continus à l’action de la part de la communauté internationale démontrent les résultats historiquement médiocres de la politique américaine envers Haïti. Tout changement efficace nécessitera une nouvelle voie à suivre, similaire à celle exigée de la France envers l’Afrique.

Éléments d’un nouveau départ

La dissolution des forces armées haïtiennes en 1995 par Aristide sous pression américaine a fait qu’Haïti ne connaisse plus les coups d’état qui sévissent dans plusieurs pays d’Afrique. Singulièrement, l’absence de ces mêmes forces armées a facilité l’opération des gangs qui sèment la terreur dans le pays, dans l’impunité totale. Mais si les États-Unis souhaitent accompagner Haïti dans sa stabilisation, ils doivent le faire selon une approche différente.

Construire une situation sécuritaire stable en Haïti nécessite non seulement davantage de formation et de ressources pour la police nationale, mais également une lutte vigoureuse contre la corruption et l’engagement des citoyens dans la sécurité. Les gangs et les dirigeants du crime organisé profitent des lacunes et de la corruption des États pour établir des relations communautaires qui affaiblissent la gouvernance et contrecarrent l’application de la loi. Par conséquent, les solutions aux problèmes de sécurité nécessitent des stratégies bien calibrées et sophistiquées, une compréhension approfondie des réalités économiques, sociales, de classe, politiques et environnementales d’Haïti, ainsi que l’implication des acteurs communautaires, universitaires et économiques. Mais au-delà de l’aspect sécuritaire, les leçons apprises de l’attitude de la France envers l’Afrique exhortent l’adoption par les Etats-Unis d’une nouvelle stratégie dans laquelle les principes déterminants soient le partenariat, la durabilité,

l’autonomisation et la stabilisation grâce à un engagement inclusif et au soutien des processus politiques. Les Etats-Unis devraient abandonner leur approche

fragmentaire du renforcement des capacités et se lancer dans un programme intensif à l’échelle du gouvernement pour renforcer sa capacité à gérer et mettre en place des mécanismes modernes et efficaces de gestion et de contrôle des fonds, avec des unités de gestion budgétaire et financière correspondantes.

Tout comme pour Paris, il n’est pas trop tard pour que Washington appuie sur le bouton de réinitialisation et commence à considérer Haïti comme un partenaire égal.

Dr. Elsie LAURENCE-CHOUNOUNE

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