insécurité - Parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens https://www.partifusion.ht/tag/insecurite/ Ayiti pap peri, N ap chanje sa! Fri, 14 Mar 2025 16:18:31 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1 https://i0.wp.com/www.partifusion.ht/wp-content/uploads/2023/01/cropped-Parti_Fusion_PFSDH-Logo.jpg?fit=32%2C32&ssl=1 insécurité - Parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens https://www.partifusion.ht/tag/insecurite/ 32 32 205976430 Position de la FUSION sur le discours du Coordonnateur du CPT https://www.partifusion.ht/position-de-la-fusion-sur-le-discours-du-coordonnateur-du-cpt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=position-de-la-fusion-sur-le-discours-du-coordonnateur-du-cpt https://www.partifusion.ht/position-de-la-fusion-sur-le-discours-du-coordonnateur-du-cpt/#respond Fri, 14 Mar 2025 15:20:38 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=6060 Port-au-Prince, le 13 mars 2025 La dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire constitue le sujet de préoccupation principal pour toutes haïtiennes et tous haïtiens. Nous désirons…

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Port-au-Prince, le 13 mars 2025

La dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire constitue le sujet de préoccupation principal pour toutes haïtiennes et tous haïtiens. Nous désirons la fin de l’insécurité, nous voulons retrouver un minimum de stabilité en vue de remettre en place les institutions démocratiques et de redonner espoir à nos compatriotes surtout à nos jeunes. Ce désir de paix et de restauration de l’autorité de l’État est indispensable. Ainsi, les autorités doivent assumer leur responsabilité avec le sens du sérieux.

A ce sujet, le Parti Fusion des sociaux-démocrates haïtiens (PFSDH) exprime ses plus vives préoccupations face à l’annonce faite par le Coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), monsieur Fritz Alphonse Jean, concernant l’implication de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) dans le combat contre l’insécurité galopante en Haïti. En tenant compte de la réputation douteuse de la plupart des agents de ce corps armé, un tel projet comporte des risques majeurs.

Monsieur le Coordonnateur du CPT,

La résolution de la crise sécuritaire qui ravage le pays depuis plus de cinq années est beaucoup plus complexe que l’on se l’imagine. Il faut faire appel à des spécialistes chevronnés, sérieux, courageux et déterminés à mettre en œuvre un plan stratégique adapté à la guérilla urbaine qui a déjà fait beaucoup trop de victimes en pertes de vies humaines, en dégâts matériels incommensurables et en traumatismes mentaux jamais évalués.

Onze mois après l’installation d’une formule de gouvernance inédite et inadaptée à la réalité politique d’aujourd’hui, aucun progrès n’est constaté dans la recherche d’une solution. La population, rongée par la peur, la faim et le désespoir, devient nomade. Depuis l’installation du CPT, les territoires perdus augmentent à un rythme accéléré. Les gangs armés ont conquis Cabaret, Arcahaie, Solino, Delmas 30, Pont sonde, Gressier pour ne citer que six. Des dizaines d’écoles et d’églises sont incendiées, des centaines de milliers de personnes sont dans les rues à la recherche d’un refuge, des médias sont vandalisées et incendiées tandis que depuis l’arrivée de ces nouveaux messies les forces de sécurité ont reçu le support physique de plus de mille agents aguerris, dit-on, en provenance de l’étranger, une quarantaine de véhicules blindés, 600 fusils d’assauts et autres matériels sophistiqués, trois hélicoptères. Le résultat !

Il serait puéril de croire que le problème se localise au niveau de l’effectif. L’équipe au pouvoir s’enorgueillissait d’avoir les ressources suffisantes pour venir à bout de l’insécurité qui n’était autre que politique, mais son incapacité à élaborer un plan de combat se révèle flagrante. Il serait préférable, Monsieur le coordonnateur, de travailler pour faire cesser cette guerre de tranchée entre le CPT, le Gouvernement et la Direction générale de la police nationale d’Haïti pour se pencher sur la douleur de la population en première place. Il faut aussi arrêter cette séparation de gâteau qui consiste à placer des hommes serviles à des postes clés pour défendre des intérêts personnels au détriment de l’intérêt collectif. C’est le seul sacrifice qui permettra de déboucher sur une solution définitive à la crise qui ravage le pays depuis trop longtemps. Ce n’est pas l’implication des agents de la BSAP qui va aider à trouver la sortie.

Nous mettons en garde contre toute tentative de normalisation d’une structure parallèle qui, dans les faits, a fonctionné en dehors du contrôle de l’État et dont les anciens responsables ont publiquement affiché des ambitions politiques et une posture d’insubordination. Une telle démarche ne ferait qu’ajouter à la confusion institutionnelle et ouvrirait la voie à une insécurité encore plus incontrôlable à celle déjà entretenue par les gangs armés.

Le PFSDH appelle à une gestion responsable et concertée de la crise sécuritaire en Haïti, fondée sur le respect des principes républicains et l’État de droit. Nous demandons au CPT de reconsidérer son projet et d’opter pour une réforme sécuritaire basée sur la professionnalisation des forces existantes et le respect des institutions démocratiques. Nous refusons toute solution improvisée qui continuerait de mettre en péril la stabilité nationale. Nous restons engagés à soutenir toute démarche sérieuse visant à restaurer la sécurité du pays.

Ayiti pa dwe peri, An nou chanje sa !!!
Le Directoire

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Note de conjoncture – Haïti, à la croisée des chemins https://www.partifusion.ht/haiti-a-la-croisee-des-chemins/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=haiti-a-la-croisee-des-chemins https://www.partifusion.ht/haiti-a-la-croisee-des-chemins/#respond Mon, 29 Jul 2024 01:51:19 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=5178 Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) appelle les Haïtiens à reconnaître la gravité de la situation actuelle et à analyser la responsabilité collective dans la crise nationale. Le parti souligne l'importance de l'unité pour surmonter les crises institutionnelles et sécuritaires, et critique la mauvaise gouvernance locale autant que les influences étrangères. FUSION prône la collaboration pour un consensus national, dénonce la corruption, et appelle à des efforts concertés pour améliorer la sécurité, la gouvernance et l'économie. Ils insistent sur l'urgence d'unir les forces pour reconstruire le pays et éviter de dépendre de l'aide internationale.

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Après trois années de transition, le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) croit important et nécessaire d’appeler tous nos compatriotes d’ici et d’ailleurs à prendre la mesure de la gravité de la situation actuelle , à accepter de faire sans complaisance une analyse profonde de ce qui nous arrive en tant que peuple et à réfléchir sur le « que faire » pour sortir notre pays de ce cercle vicieux de crises de toutes sortes à répétition.  La tentation est grande de faire porter la responsabilité de tous nos malheurs à nos adversaires et trop souvent à l’étranger.  Les pays dits amis ont certes contribué de près ou de loin, directement ou indirectement à nous conduire là où nous sommes, mais nous devons admettre que même si ce qui se passe chez nous, est souvent surdéterminé par des influences ou des ingérences extérieures, quelque part la politique interne est conduite par des nationaux et la mauvaise gouvernance est imputable à tous : aux haïtiens et haïtiennes, aux politiques, au secteur privé et la société civile.  Notre destin en tant que peuple, en tant que Nation est d’abord entre nos mains et il nous incombe de prendre les dispositions pour redresser la barque nationale et la conduire à bon port.

La FUSION se pose la question et la pose à tous nos compatriotes par-delà les clivages politiques, économiques et sociaux : pourquoi face à l’effondrement quasi-total de nos institutions, face au risque de perte réelle de notre souveraineté et de mise sous tutelle de notre pays, nous n’arrivons pas à faire le dépassement indispensable en vue de construire le consensus nécessaire pour concevoir et apporter des solutions durables ?

Après le choc traumatique causé par l’assassinat de l’ancien président, Son Excellence Jovenel Moise, la FUSION et d’autres qui étaient dans l’opposition, avaient compris qu’il fallait un sursaut, un réveil citoyen pour ramener le pays sur la voie de la démocratie institutionnelle, passage obligé pour rebâtir notre économie et répondre aux attentes multiples de nos concitoyennes et concitoyens.  Nous avons choisi la seule voie qui semblait appropriée en la circonstance : soutenir celui que l’ancien président défunt avait choisi pour conduire la politique de la Nation.  Ce n’est pas un hasard si nous n’avions pas participé à son premier gouvernement.  Il ne s’agit pas alors de nous battre pour des postes, mais nous voulions plutôt contribuer à faire prendre une nouvelle direction au pays.

La FUSION avec d’autres acteurs, a contribué fortement à l’élaboration de l’Accord Pour Une Gouvernance Efficace et Apaisée De La Période Intérimaire dit Accord du 11 septembre.  Ce document aurait pu permettre de rassembler les Haïtiennes et les Haïtiens autour d’un projet commun pour faire face aux nombreux défis du moment.  Malheureusement, plusieurs acteurs n’ont pas voulu saisir cette opportunité pour des raisons que nous ne voulons pas juger.  Il faut rendre cette justice au Premier ministre qui a toujours voulu obtenir un consensus plus large autour de cet accord.  C’est ce qui a conduit à la signature le 21 décembre 2022 du Consensus National Pour Une Transition Inclusive et des Élections. De nombreux autres acteurs de la société civile et du secteur privé ont paraphé ce document. 

Face à la détérioration de la situation sécuritaire et au maintien du Premier ministre en dehors du pays, les parties prenantes des deux accords précédents ont fait preuve de leur capacité de dépassement de leurs intérêts immédiats, en acceptant la décision de celui-ci de passer le flambeau à celles et ceux qui refusaient tout compromis.  La formule imposée par la communauté régionale de mettre en place une présidence collégiale de sept membres avec deux observateurs, a été entérinée à la Jamaïque en dépit du fait que nombre d’acteurs étaient sceptiques quant aux chances de succès de cette démarche expérimentale.

Aujourd’hui, cette structure est en place, il y a un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement est aussi en place.  La FUSION ne peut que souhaiter la réussite de cet attelage. Les dissensions qui sont étalées publiquement, défraient la chronique sur les réseaux sociaux et font craindre un éclatement qui serait préjudiciable pour le pays tout entier. Les échos de scandales de corruption, de tentatives de racket de dirigeants d’établissements publics éclaboussant des membres du Conseil Présidentiel de Transition, révoltent les citoyennes et les citoyens et font craindre une implosion de cette structure.

Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de continuer à offrir ce spectacle désolant à notre jeunesse et au monde entier, à un moment où l’environnement sécuritaire se dégrade. Le gouvernement précédent, en constatant les faiblesses de nos forces de sécurité a pris l’initiative de solliciter un soutien robuste de la communauté internationale.  Cette demande a été produite en octobre 2022.  Une réponse est intervenue une année plus tard.  Dix mois après on n’arrive pas à trouver des volontaires pour constituer une force de deux mille cinq cents hommes et femmes.  On n’arrive pas non plus à mobiliser le financement nécessaire pour la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMSS). Nous devons nous rendre à l’évidence qu’au niveau international, il y a ce qu’ils appellent « une Haïti fatiguée ». 

La réticence des pays dits amis à nous venir en aide une fois de plus est certainement une conséquence du fait que depuis la chute de la dictature en 1986, nous nous sommes montrés incapables de prendre en main la gestion rationnelle de nos institutions. Il est dès lors compréhensible que lesdits amis se montrent réticents à dépenser l’argent de leurs contribuables et à envoyer leurs policiers et leurs soldats risquer leur vie pour des Haïtiens qui s’entredéchirent et n’arrivent pas à s’entendre sur les questions les plus élémentaires, ou pour des élites qui ne pensent qu’à leur pouvoir et à leurs privilèges scandaleux dans un pays dont la moitié de la population vit en insécurité alimentaire.  Quels arguments nos diplomates ou ce qui en reste, vont utiliser pour convaincre un pays partenaire à nous venir en aide pour garantir le pouvoir d’élites politiques et économiques qui ont la réputation à tort ou raison, d’être des corrompus qui ne pensent qu’à se reproduire au pouvoir ?

Chez nous, ces temps-ci, tout est sujet à controverses et à des disputes interminables.  Tous les segments de la société se divisent sur tout.  Exemple : la mise en place d’un énième Conseil Électoral Provisoire (CEP) indépendant et les luttes fratricides dans les différents secteurs appelés à choisir l’un des neuf membres sont autant de preuves de la difficulté à rassembler les Haïtiennes et les Haïtiens en vue d’une solution durable de nos crises.  Ces luttes féroces donnent le sentiment que les organisations sollicitées croient que la personnalité qu’il désigne ne fera pas partie d’un organisme indépendant, mais sera à leur service pour favoriser leurs candidats lors des prochaines élections.  C’est la recette parfaite pour des élections contestées et une prolongation des crises politiques.

Ce n’est pas avec un état d’esprit pareil que nous allons réussir à combattre les gangs armés.  Ce n’est pas avec ce type de comportement que nous allons convaincre les dits amis de nous aider à rétablir l’autorité de l’état.  Ce n’est pas avec les pratiques décrites ci-dessus que nous allons parvenir à mettre en place des institutions crédibles capables de rassembler autour d’un projet commun.

Notre société est minée par la méfiance entre les acteurs à tous les niveaux.  Il est devenu vital que nous puissions tous transcender nos intérêts individuels ou plutôt faire en sorte que nos intérêts coïncident avec ceux de la Nation.  La lutte contre l’insécurité passe par la lutte contre la pauvreté abjecte qui frappe trop nos compatriotes. Si nous n’arrivons pas à vaincre la méfiance, nous ne pourrons pas inspirer confiance aux investisseurs dont nous avons besoin pour mettre en valeur nos potentiels économiques inexploités et créer des emplois durables pour notre jeunesse. Sans la confiance dans nos institutions et dans nos élus, nous ne parviendrons pas à nourrir notre population.  Les différentes préoccupations : nourrir la population, construire des infrastructures, rétablir un état de droit et un système judiciaire crédible devraient suffire à motiver les uns et les autres pour une mise en commun des énergies dans l’intérêt bien compris de tous.

Cette transition doit réussir dans le délai imparti. C’est pour cette raison que la FUSION/PFSDH en appelle au rassemblement des haïtiennes et des haïtiens pour sortir une fois pour toute de ces crises à répétition.  Nous en avons marre de devoir quémander l’aide internationale après avoir été, nous-mêmes, les artisans de nos malheurs.  Les défis sont nombreux.  Si nous voulons les surmonter avec succès dans les dix-huit mois qui viennent, cessons dès aujourd’hui nos querelles intestines, mettons-nous autour d’une table pour prendre les engagements nécessaires.  Evitons le pire.  Notre avenir dépend uniquement de nous.

Ayiti pap peri, N’ap chanje sa !

Port-au-Prince, le 26 juillet 2024



Le Directoire





Note de conjoncture – Parti Fusion

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Des activités économiques essoufflées : l’inquiétude justifiée des sociaux-démocrates et l’urgence d’une reprise effective https://www.partifusion.ht/des-activites-economiques-essoufflees/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=des-activites-economiques-essoufflees https://www.partifusion.ht/des-activites-economiques-essoufflees/#comments Sun, 05 Nov 2023 19:42:38 +0000 https://www.partifusion.ht/?p=4492 Introduction En matière économique, on parle souvent de modèle. Il consiste dans une configuration d’ensemble de divers secteurs de notre système qui, selon un mode…

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Introduction

En matière économique, on parle souvent de modèle. Il consiste dans une configuration d’ensemble de divers secteurs de notre système qui, selon un mode de fonctionnement, alimente la vie courante de l’économie. Au sein de ce système, il se crée des interactions entre les secteurs, par lesquelles le jeu des opérateurs maintient et dynamise le trépidant mouvement du fonctionnement de l’économie.

Ce mouvement économique est un corollaire de la vie sociale et culturelle que la politique doit réguler et gérer dans l’unique objectif d’assurer le bien- être collectif. Un entretien constant et permanent de cette dynamique procure et génère les produits, les services et toutes les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins. Une garantie, cependant, qu’il convient de souligner, pour que la vie économique ne s’arrête pas et continue de tourner, il faut un environnement où, en tout temps, la libre circulation des personnes et des biens est assumée et assurée. Dans ce cadre, la recherche des satisfactions individuelles susceptibles de procurer un sentiment de confort s’offre à tous, dans une société que nous voulons être progressiste. Or, dans le contexte actuel de notre de vie de peuple, cette recherche de stabilité est constamment mise à l’épreuve par des activités criminelles qui mettent en péril la survie de diverses communautés et détruisent les opportunités créatrices de richesse.

Une économie en chute libre

L’économie haïtienne connait un important déclin. Son taux de croissance moyenne se trouve en dessous de 1.5% depuis plus d’une dizaine d’années. Il en résulte une faible capacité de création de richesse nationale tenant compte des exigences nouvelles crées par l’augmentation de la population. De plus, la crise sanitaire liée à la COVID-19 crée augmente la dégradation de la situation sécuritaire globale sur fond de crise socio-politique. De ce fait, les perspectives d’une amélioration ne sont pas reluisantes au point de constituer une véritable hypothèque pour le progrès à la fois économique et social.

Il convient d’ajouter que les facteurs structurels (dérèglements du climat, mauvaise gouvernance, crise sociales, politiques publiques inefficaces) maintiennent l’économie haïtienne dans une situation de décroissance remarquée. Le phénomène récent de l’intensification du cycle de violence liée aux activités destructrices des gangs armés fédérés ceinturant la zone métropolitaine risque d’anéantir ce qui reste du tissu productif économique haïtien.

Ces actes d’insécurité des gangs mettent en péril la survie même d’une économie déjà anémiée et requièrent, de la part de tout démocrate soucieux du bien-être collectif, divers questionnements :

  • On peut se demander comment des gangs de la zone métropolitaine couplés à ceux du département de l’Artibonite bloquent le fonctionnement de tout un pan de l’économie avec autant de facilité.
  • Dans la zone métropolitaine, les infrastructures de production de certaines entreprises industrielles et commerciales sont systématiquement vandalisées.
  • Des commerçants et de valeureuses « madan sara » qui empruntent les routes nationales # 1et 2 sont, de fait, empêchés de rentrer à la Capitale pour écouler leurs produits et sont rançonnés par des gangs lourdement armés, disposant de forces de frappe souvent disproportionnées par rapport aux forces de l’ordre ?

Des indicateurs macroéconomiques alarmants. Le système économique haïtien présente un ensemble d’indicateurs qui risquent de donner le vertige. Une démographie en croissance (1.34% en moyenne). Cinq années consécutives de croissance économique négative (2019 à 2023). En dépit de la prédominance du secteur informel, le tissu productif formel constitué d’entreprises industrielles et commerciales demeure agonisant. À part le secteur bancaire avec un niveau de productivité hors du commun (le bénéfice net au 2e trimestre de 2023 a cru de 75% par rapport à la même période de 2019, BRH), tout le reste de l’économie est à vau-l’eau. Il est inadmissible que la politique économique du pays ne présente pas de programmes d’investissement qui établissent la relation entre la croissance démographique de type géométrique et la production de biens et services nécessaires à la satisfaction de la population.

Les indicateurs macroéconomiques du secteur formel sont à la baisse. La production intérieure brute des secteurs de base pour l’année 2021 ne cesse de décliner. Les contributions respectives de l’agriculture, des industries et des services sont en baisse de 4,1%, 2,5% et 2% alors que leurs contributions au produit intérieur représentent les pourcentages suivants : Agriculture (20,6%) ; Industrie (25,4%) et Services (51,6%).

La balance commerciale d’Haïti qui accuse un déficit constant depuis plus d’un demi-siècle ne change pas au cours de ces dernières années selon les chiffres officiels. Les exportations représentent environ 12% du PIB et les importations ont plus que triplé pour la même période, soit 38% du PIB (MEF, 2019). Selon la BRH, cette situation est d’autant plus persistante puisque les cinq premiers mois de l’exercice fiscal de 2023 affichent un montant de 2 milliards USD $ environ pour les importations alors que seulement 370 millions USD $ de produits ont été exportés. Ce gap est, en partie, compensé par des flux de transactions financières courantes (transferts sans contrepartie) , ce qui constitue une bouffée d’oxygène pour l’équilibre de la balance des paiements et à l’allégement du poids de la dette du pays.

Le chômage touche environ 40% des jeunes de 15 à 24 ans. Il s’agit d’un fléau social. Toutefois, ce n’est qu’au secteur informel d’absorber 80% de l’emploi total. D’autant plus, l’inflation a atteint un record de 49 % en dépit de la baisse des dépenses publiques.

D’un autre côté, le soutien financier accordé aux familles pauvres par le gouvernement ne fait qu’augmenter la pression sur la consommation des articles de première nécessité dans un marché déjà très sensible à la spéculation et la hausse des prix.

Le caractère informel de l’économie haïtienne, tenant compte de son importance, pour soutenir la résilience de notre population, exige, pour être opérationnel, le maintien et le strict respect de la sacro-sainte règle libérale de la libre circulation des personnes et des biens. Nous constatons béatement, comme dans une totale indifférence, la rupture de la chaîne de transport.

Des initiatives économiques en difficulté.

Plusieurs initiatives engagées par des organismes publics sont hypothéquées par les agissements de ces groupes armés soutenus par divers secteurs mafieux et déstabilisateurs. Le Ministère des travaux publics, transports et communication tente de créer des voies de délestage pour soulager les transporteurs. Ces aménagements sont vite pris en otage par les gangs qui y installent des péages forcés, des postes de rançon. Ainsi, les gens qui s’aventurent sur la voie publique prennent un risque sur leur propre vie. Tous les espaces de liberté sociale sont pris au piège de la violence des gangs criminels et assassins. Notre subconscient collectif est imprégné d’une peur latente, même quand nous donnons l’impression d’une relative sérénité. Cette présentation de la vie économique montre qu’il y a un péril. C’est cette réalité que nous voulons changer.

Une politique économique intelligente de court et moyen terme pour sortir de l’asphyxie

Le soutien à la reprise économique en vue de sortir de ce naufrage national passe par une reprise vigoureuse de tous les secteurs. Il s’agit pour le gouvernement intérimaire d’intervenir pour continuer l’implémentation du Plan de Relance Economique Post Covid-19 (PREPOC), et poursuivre l’amélioration de la capacité de collecte de recettes fiscales ainsi que l’incitation au profit des petites et moyennes entreprises sans oublier la promotion de la création d’emploi.

Faut-il rappeler que le secteur agricole et celui de l’agro-industrie méritent une considération spéciale. Il présente l’avantage de faire baisser le taux de chômage et permet de réduire le flux d’importation des produits alimentaires. Il est également indispensable d’améliorer les infrastructures publiques existantes (entretien des voies d’accès, curage et construction de divers canaux d’irrigation, électricité, connectivité, …) tout en poursuivant les travaux techniquement viables au bénéfice de meilleures conditions de vie pour la population en particulier les déshérités.

Malgré les efforts qui peuvent être déployés par le gouvernement sur divers fronts, la problématique de l’insécurité reste l’un des défis fondamentaux qui handicapent la création de la richesse et font fuir les investisseurs nationaux et étrangers.

Moïse Celicourt & Euguy Sainvil, Économistes

Vice-Présidents de la FUSION

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